9. La prise de possession par Febvrier Despointes

Publié le par Kikounette

"On était le 24 septembre 1853. La matinée fut consacrée par le capitaine du Phoque à opérer une reconnaissance de la rade  et de la grande passe des coreaux de ceinture. Pendant ce temps, le chef d'état-major disposait toutes choses à la mission de prise de possession.[...]

Vers midi, l'amiral quitta le bord. il était accompagné de son état-major général et de l'état-major du Phoque, d'un détachement de vingt hommes armés et pourvus de munitions, sous les ordres d'un  enseigne de vaisseau.[...]

On arrive à la mission, on pris place solenellement. L'amiral avait à sa droite le chef d'état-major, tenant à la main la hampe d'un drapeau. A sa gauche, le capitaine du Phoque, chargé du commandement du détachement en armes et des canots armés en guerre. [...]

Alors d'une voix vibrante, le commandant en chef prononça les paroles solennelles suivantes :

"Aujourd'hui, 24 septembre mil huit cent cinquante trois, à trois heures de l'après-midi, en vertu des ordres de mon gouvernement, je prends officiellement possesion, au nom de l'Empereur et pour la France, de l'île de la Nouvelle Calédonie et de ses dépendances, sur laquelle je fais arborer le pavillon national (
levée du pavillon national en tête de mât de la mission), et je déclare à tous qu'à partir de ce jour cette terre est française et propriété nationale"

Après que l'assistance se fut dispersée, à l'intérieur de la mission, l'amiral fit lire et compléter le procès verbale de prise de possession qui fut  signé de tous les officiers et pères missionnaires. Puis le père Montrouzier annonca à l'amiral une nouvelle qui peut être fondamentale pour la suite des évènements et de sa mission, une caisse en partance pour la Nouvelle Calédonie était confiée à un navire de guerre anglais ...



Aussitôt l'amiral ordonne le dépard pour l'île des Pins, point de débarquement de cette caisse .

Quand le Phoque arrive à l'île des pins, en face de la mission de Nazareth, le navire anglais est déjà présent. Mais c'est avec soulagement qu'il découvre que le commandore Denham n'est là que pour des relevés hydrographiques dans le but de faire de l'île des Pins une station de ravitaillement en charbon pour les navires faisant la ligne Sydney-Panama.

Avec l'accord du chef des Kuniés Vandegou, les Français hissent les couleurs sur le toit de la mission. Mais en contre partie de l'accpetation du chef de voir flotter les couleurs nationales sur son île, il lui fut promis une pension de 125 francs par mois. Il dut attendre l'arrivée du gouverneur Orly, en 1978 pour la toucher ainsi que les arérages et qurtout 1913 pour récupérer la totalité de ses terres alors que l'amiral lui avait affirmé :

"... La France n'a pas besoin de l'île des Pins. Mais ayant pris la Nouvelle Calédonie, elle ne peut vouloir que les Anglais s'établissent en maîtres chez vous. A l'ombre du drapeau français, qui vous protègera , vous serez toujours chef à l'île des Pins ... (Note du R.P. Montouzier)

A la suite de l'assassinat d'une femme indigène sur le territoire concédé aux Fançais, l'amiral Fébvrier Despointes arrête, avec l'aide des missionnaires, l'assassin et les deux complices. Mis aux fers sur le bateau à vapeur. A la requête du père Montrouzier, les deux complices sont relâchés. Aux yeux du chef Tiangoun, cette arrestation constitue une ingérence dans ses affaires intérieures alors que pour l'amiral ce n'est qu'un élément de justice. Toujours est-il que Tiangoun, irrité commence à formenter la révolte. Le 13 décembre il réunit les chefs des villages voisins (Dominico, Ondou, Quidago et Toulangui) et Michel sont héritier et décide d'attaquer la mission.

Le complot ayant été éventé par un jeune catéchumène, l'amiral réussit à se saisir de tous les insurgés qui se retrouvent aux fers sur les trois navires alors à quai. Quelques jours plus tard, le chef Quidago est libéré ainsi que l'assassin. Tianngoune réussit, lui, à s'échapper, et les quatres autres petits chefs restant seront déportés sur Tahiti et mis aux fers pour quelques temps.

Très fatigué, l'amiral Fébvier Despointes mourra en mer, à bord de la Forte, le 5 mars 1855 dans le Sud du Pacifique.


En France, en 1854, le 14 février, le Moniteur Officiel consacrera quelques lignes à la prise de possession de cette terre lointaine, dans l'indifférence générale mais renseignera suffisemment sur les arrières-pensées du gouvernement de l'époque :


"... La Nouvelle Calédonie est un excellent point d'appui, mais on ne connaît pas encore assez sa valeur pour en tirer parti de ses ressources agricoles et minérales et y jeter les premiers fondemants d'un pénitencier ..." 

Publié dans les-chapeaux-de-paille

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christien michel 30/10/2012 21:06


On peut voir la tombe de l'amiral Febvrier des pointes au cimetiere de carnel à lORIENT (Morbihan) Il a été inhumé le 11 .11. 1856.Sa tombe est voisine de celle du poète
breton Auguste Brizeux.


Pourquoi le choix de cette ville?